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Cultiver son intélligence émotioonnelle au travail

20 Juillet 2020
Écouter ses émotions n’est pas uniquement une question de bien-être personnel. Savoir les prendre en compte devient un atout indispensable pour tirer son épingle du jeu sur le marché de l’emploi. Ce que l’on appelle “l’intelligence émotionnelle” (I.E) est considérée comme une compétence phare de demain.


Si on a longtemps considéré que les émotions devaient rester aux portes des entreprises, ces dernières commencent à en reconnaître l’importance capitale. Plutôt que des experts pointus dans un domaine, elles misent de plus en plus sur les profils dotés d’un haut niveau d’empathie, d’une bonne capacité à communiquer, à influencer, à s’adapter. L’intelligence émotionnelle (IE) est même présentée comme un des indicateurs les plus fiables de réussite future.
Effectivement, avec les nombreuses mutations que connaissent les entreprises, notamment celles toutes liées à la digitalisation, à la robotisation, à l’intelligence artificielle, beaucoup considèrent que notre capacité à ressentir et à insuffler des émotions dans ce que nous faisons et notre rapport aux autres qui maintiendra notre valeur ajoutée face aux machines.

L’art d’utiliser ses émotions

Peter Salovey et John Mayer introduisent l’expression “intelligence émotionnelle” en 1990. En 1995, Daniel Goleman, psychologue américain pionnier de la psychologie positive, la popularise dans son livre éponyme. Selon lui, l’intelligence émotionnelle serait « la capacité à réguler ses émotions et celles des autres, à les distinguer et à utiliser ces informations pour guider sa pensée et ses actions ».

En somme, avoir une bonne intelligence émotionnelle, c’est être capable de reconnaître, accueillir, écouter et décoder les émotions chez soi et chez les autres et s’en servir de leviers pour ajuster son comportement. L’intelligence émotionnelle intervient ainsi sur un plan à la fois intrapersonnel et interpersonnel.

Selon D. Goleman, l’intelligence émotionnelle est composée de :
  1. La conscience de soi : être connecté à ses ressentis et intuitions, reconnaître lorsqu’on ressent une émotion, savoir l’écouter, la nommer, la comprendre
  2. La maîtrise de soi : capacité à contrôler ses réactions aux émotions, ses impulsions, à faire des choix réfléchis. S’adapter aux changements
  3. La motivation interne : cultiver l’envie, l’entrain, développer son enthousiasme, relever de nouveaux défis
  4. L’empathie : porter son regard sur l’autre, l’écouter avec bienveillance, savoir reconnaître les émotions à travers des signaux, les accepter, comprendre ses besoins, ses points de vue, éviter de le juger
  5. L’interaction sociale : développer son leadership, bâtir des relations solides et de confiance, dialoguer et communiquer, soutenir les autres dans leur développement
Une intelligence émotionnelle développée permet ainsi de mieux vivre ses émotions, tout en maîtrisant leurs impacts sur nous et en les utilisant à notre avantage (motivation, compétences sociales…).

Les bénéfices d’une bonne intelligence émotionnelle

D’après Daniel Goleman, notre niveau d’intelligence émotionnelle explique en grande partie notre performance au travail. L’I.E est aujourd’hui présentée comme une des clés de succès parmi les compétences managériales obligatoires.

À titre individuel, laisser de la place aux émotions permet de mieux vivre son quotidien en améliorant la gestion du stress, la créativité, l’attention, la résolution de problèmes, l’audace… L’intelligence émotionnelle favorise ainsi le bien-être global et la confiance en soi. Ceux qui ont une intelligence émotionnelle élevée sont mieux armés face aux transformations : ils sont résiliants et s’adaptent avec agilité.

A titre collectif, une bonne intelligence émotionnelle permet d’entretenir des relations plus saines et sereines avec ses collègues. Ainsi, elle facilite grandement la communication, la collaboration, la cohésion, la bonne ambiance. Elle permet un environnement de travail respectueux et ouvre la porte à l’authenticité. Lorsqu’on fait l’effort de comprendre ce que l’autre ressent, on constate souvent qu’il ne cherche pas à nous nuire, qu’il a ses propres besoins à remplir et que les tensions viennent de la contradiction entre ses besoins et les nôtres.

L’intelligence émotionnelle au service du leadership

La déshumanisation des modes d’organisation et des relations professionnelles joue beaucoup sur le désengagement et le mal-être au travail. Remettre les émotions au coeur du management est une façon d’y remédier.

De plus en plus, l’intelligence émotionnelle est considérée comme un attribut indispensable du bon leader. Celui-ci doit être capable de gérer à la fois ses propres émotions et celles des autres. Il doit être à même de décoder les états émotionnels de ses équipes, de prendre la température de leur météo émotionnelle et d’adapter son management en fonction.

Une bonne intelligence émotionnelle permet aux leaders de porter une sincère attention à leurs collaborateurs, de diffuser de la bienveillance et de la reconnaissance. Ils donnent à leur équipe un sentiment de sécurité propice à l'apprentissage, à la prise de risque, et à l'audace.

Cultiver son intelligence émotionnelle au travail

Notre niveau d’intelligence émotionnelle est grandement influencé par notre éducation, notre vécu et nos gènes. Cependant, nous pouvons le travailler.

Chez certaines personnes, il s’agit avant tout de lever les freins qui les empêchent de faire de la place aux émotions, parce qu’ils y sont sourds depuis trop longtemps et qu’ils ont perdu la capacité de les écouter. Il s’agit aussi de s’entraîner à reconnaître et comprendre les différentes émotions

Pour cultiver l’intelligence émotionnelle, plusieurs solutions existent.
  • Pour commencer, les catalogues de formations sur le sujet s’étoffent et de plus en plus d’entreprises les proposent à leurs collaborateurs. Si vous êtes intéressé(e), n’hésitez pas à nous contacter, Coméos dispense des formations sur l’I.E avec des formateurs certifiés EQ i 2.0.
  • Pour apprendre à ressentir, reconnaître et nommer les émotions qui nous traversent, on peut s’appuyer tout simplement sur les listes d'émotions qui existent et qui permettent d’acquérir un vocabulaire plus pointu pour mettre des mots précis sur elles
  • On peut aussi travailler sur l’attention, en se tournant vers l’intérieur pour écouter ce qui se passe dans notre corps et notre tête. La pratique de la pleine conscience permet notamment d’accueillir les émotions, sans les juger, et de mettre plus facilement des mots dessus pour décider comment agir.
  • La pratique de l’écoute active peut, quant à elle, aider à développer l’empathie, à se tourner vers l’autre. Celle de la Communication Non Violente peut aider à exprimer ses émotions de façon appropriée
  • Enfin, le coaching permet de travailler sur des aspects ciblés de l’intelligence émotionnelle. La thérapie cognitive-comportementale peut aussi s’avérer efficace pour la développer.